GRAND DOSSIER
SEPTEMBRE 2026
écoParcs: réinventer les zones industrielles
Lancé en 2015 par la FTI, le concept d’écoParc pose un cadre pour transformer les zones industrielles genevoises: plus durables, mieux insérées dans le territoire, et gouvernées par leurs acteurs.
Un modèle né d’une contrainte
À Genève, les zones industrielles doivent aujourd’hui répondre à un ensemble inédit de contraintes: rareté du foncier, exigences environnementales accrues, cohabitation plus étroite avec le tissu urbain. Historiquement pensées comme une juxtaposition d’entreprises fonctionnant de manière autonome, elles peinent à absorber cette évolution sans changer de logique.
C’est ce constat qui a conduit la FTI à imaginer le concept d’écoParc. La logique de parc consiste à considérer la zone industrielle comme un ensemble cohérent d’acteurs, de bâtiments et d’infrastructures partageant un même territoire et des contraintes communes. Cette approche permet de mieux coordonner les équipements, d’optimiser l’usage du sol, d’organiser les flux et de favoriser les coopérations entre entreprises.
Un concept inauguré en 2015
Le concept a été lancé en 2015 sur trois zones pilotes: la ZIPLO à Plan-les-Ouates, la ZIBAY à Satigny et la ZIRIAN à Meyrin. Dix ans d’expérimentation ont permis d’en éprouver la doctrine et de consolider la méthode. En 2023, la démarche s’étend à de nouveaux périmètres sur la ZIMEYSAVER, avec un dispositif dédié aux Cherpines, une zone en cours de création.
Jardin intérieur dans l’écoParc ZIPLO
Cinq piliers
L’écoParc repose sur cinq piliers indissociables.
Une gouvernance participative rassemble entreprises, communes, État et FTI au sein d’une commission par écoParc. Elle permet de traiter les enjeux à l’échelle de la zone plutôt qu’entreprise par entreprise.
Une stratégie d’implantation mixte vise à placer «la bonne entreprise au bon endroit» en arbitrant entre activités secondaires et tertiaires selon la spécialisation du site.
La mutualisation encourage les entreprises à partager équipements, services et infrastructures: chaudières collectives, centrales photovoltaïques, plans de mobilité communs, collecte des déchets, restauration inter-entreprises.
La qualité de vie consacre l’attention portée aux usagers de la zone — salariés, riverains, visiteurs — à travers l’aménagement des espaces communs, la mobilité douce et l’accessibilité aux services de proximité.
Les constructions à faible impact environnemental encouragent la réduction de l’empreinte du bâti: choix des matériaux, performance énergétique, densification, réemploi.
Les zones en images
ZIPLO en un coup d’œil
La gouvernance participative, au cœur du dispositif
Chaque commission écoParc réunit plusieurs fois par an les acteurs du périmètre: entreprises, commune, services de l’État et FTI. Les associations d’entreprises y désignent deux délégué(e)s. Ancrées dans l’article 7B de la LZIAM, ces instances sont légitimées par le droit cantonal. Elles arbitrent les orientations, valident les projets mutualisés et servent d’interface entre la FTI et le terrain.
En 2026, quatre commissions écoParc et une pré-commission couvrent 466 hectares de zones industrielles, soit 65 % de la superficie totale du dispositif genevois. Les périmètres concernés — ZIPLO, ZIBAY, ZIMEYSA Nord et Sud, ZDAMMS-ZIRIAN-ZIBAT-ZIMOGA, plus la pré-commission des Cherpines — représentent la quasi-totalité des grandes zones structurantes du canton.
Zibay: un partenariat public-privé réussi
Lancé en 2021, ZIBAY ECOPARC est un partenariat public-privé qui réunit l’État de Genève, la FTI, la commune de Satigny et l’entreprise Serbeco. Le public peut y découvrir l’écologie industrielle en action.
Sur l’écoParc du Bois-de-Bay, 197 établissements se déploient sur 79 hectares dans des domaines aussi variés que la construction, la mécanique automobile, le recyclage ou la logistique. Huit d’entre elles accueillent des visiteurs à travers trois parcours de découverte. Au programme: 50 métiers à explorer, des installations à observer, et les principes concrets de l’écologie industrielle expliqués sur le terrain.
La démarche matérialise concrètement que les zones industrielles sont aussi des lieux de transition écologique et d’innovation des modèles d’affaires. Elle inverse la posture habituelle des zones d’activités — souvent perçues comme fermées — en les ouvrant au grand public et en valorisant des métiers méconnus du secondaire. Pour la FTI, c’est un moyen concret de rendre visible ce qui s’invente au cœur des zones, et d’encourager d’autres entreprises à rejoindre la démarche.
Site officiel de Zibay Ecoparc
Faire évoluer le concept d'écoParc
Les axes directeurs 2026-2030 de la FTI engagent une réflexion sur l'évolution du concept écoParc, afin de mieux l'articuler avec les outils de planification et la stratégie territoriale du canton. L'objectif est d'approfondir ce modèle pour en faire un cadre encore plus opérationnel, intégrant planification, mutualisation des ressources et modernisation du bâti.
COOFIFI: une coopérative pour l’immobilier industriel
Aux Cherpines, une coopérative immobilière industrielle d’utilité publique verra le jour en 2027. Une illustration concrète des principes de mutualisation portés par le modèle écoParc.
Aux Cherpines, la pose de la première pierre en août 2025 a matérialisé un modèle inédit. Onze entreprises et la commune de Confignon mutualisent 24'000 m² de surfaces sur six niveaux: halles, quai logistique commun, restaurant, chaufferie bois partagée avec les projets voisins. La démarche coopérative pousse à son maximum la logique écoParc: ce qui pouvait être partagé au niveau d’un quartier industriel l’est désormais au sein d’un même bâtiment.
Pour rendre le montage possible, la FTI a développé une charte qui confère à la coopérative un statut d’utilité publique et débloque un cautionnement bancaire à hauteur de 25 %. Résultat: des loyers accessibles pour des activités industrielles — 160 CHF/m²/an pour les halles — et une réponse concrète à la pénurie d’espaces adaptés dans le canton.
Site officiel de Coofifi